
Il y a des romans qui vous marquent au fer rouge. La Peste est de ceux-là.
J'ai eu des frissons à plusieurs reprises. Quel style ! Quel vocabulaire ! Albert Camus nous entraîne dans cette ville d'Oran frappée par une épidémie qui, peu à peu, va bouleverser toute une population.
Et derrière cette peste, que faut-il voir ?
Cette peste n'est-elle pas une métaphore du nazisme ?
Camus écrit que le bacille de la peste n'est pas mort, qu'il est seulement endormi et qu'il peut revenir un jour. Cette phrase m'a particulièrement frappée. le mal peut disparaître en apparence, mais il reste toujours prêt à ressurgir.
Un roman philosophique où l'âme humaine est dévoilée au grand jour : le courage, la solidarité, l'égoïsme, la lâcheté… le meilleur comme le pire.
La peste arrive discrètement. Pourtant, le médecin Rieux comprend rapidement ce qui se passe. le préfet, lui, hésite, croit à des rumeurs et tarde à prendre les décisions nécessaires.
Puis Oran est fermée et isolée du monde.
J'ai admiré le travail de Camus : j'ai réellement eu l'impression de vivre cette épidémie avec les habitants. Mais quelque chose m'a interpellée.
Si la ville est cloîtrée, comment se fait-il que les habitants continuent à sortir, à aller au cinéma, dans les cafés, à circuler sans véritable isolement ?
C'est à ce moment-là que le doute s'est installé dans mon esprit.
Et puis une autre question m'est venue : pourquoi Albert Camus, dans un roman qui se déroule à Oran, ne parle-t-il pas des musulmans qui y vivent ?
Cette absence m'a confortée dans mon interprétation : et si la peste n'était finalement pas seulement une épidémie ?
Je me trompe peut-être. C'est justement ce qui rend ce roman si passionnant : il nous pousse à réfléchir, à chercher au-delà de l'histoire racontée et à nous interroger sur la nature humaine.
Si vous avez eu le même sentiment que moi, ou si vous pensez que mon interprétation est erronée, soyez aimables de me le dire. J'aimerais beaucoup connaître votre avis.
Après l'apogée arrive enfin le déclin, puis un dernier mourant.
La mort de l'ami de Rieux, veillé par lui et par sa mère, est bouleversante.
Et que dire de la mort d'Albert Camus lui-même, à seulement 46 ans, dans un accident de voiture ? Une immense perte pour notre littérature française.
La Peste est un roman exceptionnel, profond, riche, philosophique. Un roman qui se lit, mais surtout un roman qui fait réfléchir.
Et longtemps après avoir refermé le livre, certaines questions restent en nous.


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