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Et Rome s’embrasa. Neuf jours en enfer dans la cité de Néron. T.2 – Alberto Angela

Et Rome s’embrasa. Neuf jours en enfer dans la cité de Néron – Alberto Angela

Quel bonheur de retrouver Vindex et Saturninus, nos deux pompiers de l’an 64 !

Mon père m’a transmis la passion de l’histoire romaine en me prêtant un petit Nelson de sa collection : Quo vadis ? (« Où vas-tu ? ») de Henryk Sienkiewicz. Ensuite, j’ai dévoré de nombreux livres sur cette époque qui me faisait rêver.

Mais le livre d’Alberto Angela est différent : c’est presque un thriller, construit à partir de nombreux documents et surtout de découvertes archéologiques.

Les fouilles réalisées à Rome ont permis de nombreuses analyses scientifiques sur cet incendie qui fit des milliers de victimes.

L’horreur est si bien racontée par l’auteur que j’entendais presque les hurlements, les cris et les pleurs. Je voyais ces familles entières prises au piège et carbonisées par le monstre.

Les flammes, attisées par le vent et la canicule du mois de juillet, ont ravagé la ville. Les constructions, en majorité en bois et serrées les unes contre les autres, ont transformé Rome en un gigantesque brasier.

Les ruelles étroites qui partaient dans tous les sens, la foule affolée qui fuyait sans savoir où aller, retardaient les efforts des soldats du feu.

Et nos valeureux pompiers de l’époque étaient bien loin de disposer des moyens actuels !

Ils avaient des seaux, des pompes projetant un jet d’eau jusqu’à dix mètres de haut… et du vinaigre !

Oui, du vinaigre, utilisé pour tremper des linges et des couvertures afin d’étouffer les flammes. Ils avaient également des haches, des grappins et même des catapultes pour détruire certains bâtiments et tenter, en désespoir de cause, de stopper l’incendie.

Il fallait affamer le monstre pour qu’il agonise enfin.

En lisant ce roman historique particulièrement bien documenté, vous découvrez la Rome de Néron.

Et, au passage, je voudrais revenir sur quelques idées reçues concernant l’empereur.

Au début de l’incendie, Néron n’était pas à Rome et de nombreux historiens considèrent aujourd’hui qu’il n’a pas donné l’ordre de mettre le feu à sa capitale.

Dans ce désastre, il a lui-même perdu le palais de son enfance et de précieuses collections. Dès son arrivée dans la ville en flammes, il prit les choses en main et partit sur le front de la bataille.

Oubliez également l’image de Néron jouant de la cithare en regardant Rome brûler. Il avait de nombreux ennemis et cette image a largement contribué à construire sa légende noire.

À notre époque, nous avons les infox…

Néron ouvrit aux sinistrés des bâtiments et des jardins. Il ouvrit également son porte-monnaie.

Il est vrai que notre Néron n’était pas un saint ! Mais voir la capitale de son empire partir en fumée a certainement dû l’ébranler. Il était alors aimé du peuple, et perdre cet attachement devait aussi lui faire peur.

« Du pain et des jeux » : Panem et circenses, et le peuple est content !

Aujourd’hui : football et RSA…

Juste une image qui me vient à l’esprit. Pardonnez-moi cette comparaison !

Mais ceux qui ont vécu les grands incendies de ces dernières années, comme pompiers ou comme sinistrés, peuvent imaginer l’épouvante de cette population.

Ceux qui avaient la chance d’échapper aux flammes avaient pourtant tout perdu : leur logement, leurs biens, leur vie d’avant.

Face à l’ampleur de la catastrophe, Néron mit en place des mesures d’urgence : ouverture des jardins impériaux pour loger les réfugiés, construction d’abris temporaires, baisse du prix du blé et distribution de vivres.

Pour les propriétaires riches, la reconstruction était à leur charge. Mais pour les encourager à rebâtir rapidement et à respecter de nouvelles normes de sécurité — rues plus larges, utilisation de la pierre plutôt que du bois — l’empereur instaura un système de primes et de subventions.

Bien sûr, cela n’avait rien d’une assurance privée.

Pour suivre l’incendie au plus près, ouvrez vite ce roman !

Alberto Angela m’a bouleversée par son récit de la détresse de ce petit peuple perdu dans cet immense brasier.

Mireine

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