
A l’ombre des jeunes filles en fleurs Tome 1 de Marcel Proust
Quelle audace d’écrire un avis sur un roman de Marcel Proust.
Je me suis replongée dans les longues, longues phrases du grand écrivain.
J’ai relu plusieurs fois de nombreuses phrases pour mieux assimiler ce que j’avais perdu en cours de route.
Comme dans la fable de La Fontaine » Travaillez, prenez de la peine .. » j’ai souffert mais j’ai terminé mon livre.
Voici mon ressenti et soyez indulgent car je ne voudrais pas recevoir des tomates.
Marcel désirait aller au théâtre écouter la Berma dans Phèdre, ses parents craignant pour sa santé d’abord ils refusent pour ensuite accepter malgré les recommandations négatives du médecin.
Il s’en faisait une telle joie ! Il connait le texte et pourra mieux apprécier.
Proust nous régale en employant le subjonctif qui disparait petit à petit de nos jours.
Les jeunes gens de bonnes familles étaient cultivés.
Il en attendait la béatitude mais finalement il tergiverse sur sa satisfaction.
Quand nous attendons un miracle, nous sommes souvent déçus
Lors du diner j’ai remarqué que le père attachait beaucoup d’importance aux conseils de l’ancien diplomate, M. de Norpois, personnage poncif, prétentieux.
Lors de leurs échanges il est mentionné quelques noms de peintres et de tableaux. Curieuse je suis allée les voir sur internet.
Revenons au diner.
Sous les yeux béats des parents M de Norpois se permet de donner des conseils de placements financiers qu’il jugeait solide tel que l’emprunt russe à 4 % ; Cela m’a fait sourire.
Il accapare la conversation et un moment il cite “ Faites-moi une bonne politique et je vous ferais de bonnes finances ”
Ah Ah!! il faut également le dire à nos politiques actuels !
J’ai relevé aussi qu’Anacharsis, un barbare éclairé, instruit qui fut mis à mort par les siens. Eh oui ! La différence est dangereuse et peut être mortelle.
Le père oblige son fils à faire lire un de ses poème au grand homme. Ce dernier lui rend sans rien dire. Grande déception de Marcel qui doute de ses talents.
Le repas est somptueux, Françoise, la cuisinière s’est surpassée.
M de Norpois compare Françoise qui a sélectionné aux Halles les morceaux de viande à Michel Ange passant huit mois à Carrare pour choisir les plus beaux blocs de marbre.
Il parlera du mariage de Swann avec Odette, ancienne demi-mondaine. Quand les Swann lancent leurs invitations à diner comme par hasard les épouses de ces messieurs se trouvent souffrantes. Ce fut dit avec malice.
J’aime ce passage » Mon rêve le plus ardent est d’humilier l’homme qui vous a offensé mais si vous n’entendez plus parler de lui, ayant changé de pays, votre ennemi finira par ne plus avoir pour vous aucune importance «
Il est parfois dangereux de faire l’éloge d’une personne lors d’un diner.
Sa mère déclare que son fils admire Bergotte, l’écrivain
( Bergotte serait Anatole France que Marcel Proust admirait)
Alors M. de Norpois commence à le mettre plus bas que terre ainsi que le petit poème de Marcel.
La conversation part sur la Berma. Dans le journal les critiques sont élogieuses.
Marcel s’écrira quelle grande artiste, sans être totalement sincère.
» Qu’on pense encore les touristes qu’exalte la beauté d’ensemble d’un voyage dont jour après jour ils n’ont éprouvé que de l’ennui… »
Il était coutume à cette époque de rendre visite à la famille le jour de l’an. Coutume totalement disparue.
Marcel retrouve Gilberte sur les Champs Elysées.
Il tombe gravement malade car il a une santé fragile. Sa grand-mère part acheter une bouteille de cognac croyant bien faire.
Le médecin est appelé, donne une ordonnance qui peut nous surprendre.
Diète, lavements, lait, lait et déclame Olé Olé.
Marcel finit par guérir et il est invité aux gouters du jeudi de Gilberte.
La description du gâteau au chocolat est magnifique, il donne envie d’y gouter.
Je m »arrête de temps en temps sur un mot et part en chercher la définition exacte.
Ce roman décrit une époque révolue à jamais disparue. Proust analyse l’amour, la déception, la jalousie, la souffrance, son milieu bourgeois, l’aristocratie.
Il y ajoute de l’humour et de l’acidité.
Les personnages ne travaillent pas, sont aisés, servis par une domesticité nombreuse.
Il faut recevoir, être reçu, voir le dernier spectacle, lire les derniers romans, changer les toilettes, les meubles selon la mode.
Le succès de Marcel Proust, pour moi : la richesse de son vocabulaire, un texte d’une grande richesse.
Il nous éclabousse par son érudition. Le sujet de ses romans il les a puisé dans sa vie de famille, dans ses relations. Que dire de plus ? C’est du Marcel Proust et puis voilà !
Mireine

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